La voix d’un exilé
- Chimène Hakizimana
- 2 juil.
- 2 min de lecture

Partout, le ciel a les mêmes couleurs,
Mais partout, on ne ressent pas la même douceur.
Ici, la réalité me rattrape,
La solitude me frappe.
J’essaie de rester fort
En fournissant beaucoup d’efforts.
Je travaille, je sors dehors,
Mais rien n’efface ce que je ressens,
Car ici, je ne suis qu’un étranger.
La vie m’a obligé à faire un long voyage,
À vivre loin du rivage et loin de mon village.
Avant, je pensais que ce ne serait qu’un passage,
Mais les jours se sont transformés en long-métrage.
Car le temps avance moins quand le moment n’est pas propice.
Je dois être patient… mais c’est triste.
On dit que le temps efface les blessures.
Mais tout oublier, rien ne peut le faire.
Mon corps est ici, mais mon âme est là-bas,
Là où je suis né.
Là où tout le village célèbre la venue d’un nouveau-né.
Là où chacun dit bonjour,
Parce qu’on partage toujours la joie comme le malheur.
Je sors dehors et je contemple la nature.
Je vois la lune qui s’incline
.Les averses torrentielles me rappellent mes nuits de pleurs,
Et tout cet avenir que je prépare dans la peur.
Même la nature semble compatissante,
Face à mes émotions si puissantes.
Même si la communication par téléphone est facile,
La distance m’oblige à mener ma vie dans le péril.
Je ressens la tristesse et l’angoisse,
Qui, chaque jour, s’alourdissent.
Car je ne peux plus vivre auprès de ma famille.
Je suis condamné à vivre avec cette douleur tout en restant tranquille.
Mes espoirs sont comme un puits,
Où je puise la joie, le courage et l’envie.
Je sais qu’un jour,
Je profiterai de mon retour
Auprès de ceux qui m’aiment.
Car entre leurs mains repose la paix de mon âme.
Dans mes luttes intérieures,
Je trouve la force extraordinaire,
Celle qui me donne un cœur de lion,
Qui n’a pas peur même si le combat est fatal.
On croit que l’exil m’a brisé,
Mais il m’a seulement forgé.
Chaque larme est devenue une leçon,
Chaque blessure, une raison.
Car un homme ne vaut pas par les épreuves qu’il fuit,
Mais par celles qu’il traverse jusqu’au bout.
Et si la vie m’a donné un cœur de lion,
Je rugirai jusqu’à devenir la victoire.
Pour les autres, ce ne sera qu’une histoire,
Mais la mienne est une vérité
Que même la souffrance n’aura jamais réussi à faire taire.


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