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Jusqu’à ce que la mort nous rapproche


Les saisons changent et laissent place à de nouvelles saisons,

Le printemps s’efface, annonçant l’été et ses rayons de soleil.

Ensuite vient l’automne, la nature meurt et plonge la ville dans un profond sommeil.

L’hiver glacial, bien que rigoureux, en émerveille certains.

Chacun naît, vit et rend son dernier souffle, après quoi rien n’est plus jamais pareil.

Une petite voix en moi murmure que je ne suis plus à la hauteur.

Elle ment ! Néanmoins, elle m’annonce lentement que l’amitié meurt.

Mon cœur solitaire s’est attaché au tien, nous étions comme des sœurs.

Je t’ai offert tout ce que j’étais : une béquille pour ton âme emplâtrée,

Une oreille pour entendre les bourdonnements de ton cœur brisé.

Puis est venue la fin, une route traçant deux chemins.

L’humour noir qui, autrefois, nous faisait rire aux éclats

Met fin à notre relation avec fracas.

Il semble exposer des secrets occultés qui te font te sentir insultée.

Ton silence nous plonge dans l’abîme.

Soudain, je réalise que le ressentiment t’anime.

Je le saisis sans même que tu ne t’exprimes.

Sans explication, tu me prêtes des sentiments qui ne m’ont jamais habitée,

Effaçant huit longues années comme si je n’avais jamais compté.

Demander pardon n’y a rien changé. Tu m’as condamnée à l’excès.

RIP, bien-aimée ! Je suis en paix avec ton rejet.

Cinq mois après tes obsèques, je m’interroge encore sur ma valeur intrinsèque.

Une dévalorisation accentuée par ton silence muet.

Tu feins l’indifférence et tu te tais, cela me tue et tu le sais.

Tu m’as vendu un rêve, un bonheur qui m’avait été dérobé dès l’enfance.

Une souffrance dont la mort m’a accablée, telle une lourde sentence.

Ta mère m’appelle « Ma fille ». Sans un mot, tu m’exclus de ta vie.

De nouveau, je perds une famille. Des photos, je disparais petit à petit,

De ta mémoire, les souvenirs qui nous lient s’estompent aussi.

J’ai rempli ma tâche et me suis faite à l’idée que je n’avais plus ma place.

On attendait de moi que je pleure,

J’ai fait couler autant de larmes que d’encre.

Envahie par le sentiment d’abandon, Dieu a été mon ancre.

J’ai frappé dans un mur, m’infligeant plusieurs fractures.

Mon cœur sans armure, à la suite de cette blessure,

M’a de nouveau fait sombrer dans des profondeurs obscures.

J’adresse une prière à Celui qui l’a fait entrer dans sa lumière.

Je ne l’ai jamais revue vivante, tant j’étais rancunière.

Inhumée au milieu d’un parterre de fleurs et de pierres,

Elle est partie, m’a quittée, puis est décédée sans regarder en arrière.

Des centaines de photos défilent pour l’immortaliser.

Je détourne le regard pour tenter d’oublier

Celle que j’ai un jour aimée et tant considérée.

Vivante, elle ne voulait pas de moi,

Morte, elle a suscité davantage d’émoi.

On s’attend à ce que je continue de pleurer, mais je n’ai plus aucune larme à verser.

Libérée du poids du passé, je vis l’instant présent.

J’ai fait le deuil de ceux qui sont encore vivants,

De ces amis d’antan et de ceux qui n’ont pas été cléments.

Puis, j’ai fait celui de ceux qui sont morts sans jamais se retourner

Ni penser à la peine causée.

J’ai hurlé ma douleur et évacué toute l’aigreur.

Le corps meurt, tandis que l’amour demeure.

Oh, combien je t’ai portée dans mon cœur.

Quel dommage que cette amitié soit morte à la fleur de l’âge.

Ensemble, on a traversé des tempêtes et connu des orages.

Hélas, la foudre nous a frappées, annonçant ainsi un si mauvais présage.

Une séparation occasionnée par un simple message, mais causant des ravages.

Malheureusement, seuls ceux qui vivent longtemps deviennent plus sages.

Notre histoire est rédigée sur deux mille neuf cent vingt-deux pages.

Néanmoins, je ne ferai pas semblant par peur de ternir ton image.

Faut-il prétendre que les morts n’ont jamais tort ?

Ceux qui, autrefois, la négligeaient lui rendent fièrement un dernier hommage.

Dans mon coin, je réalise que d’elle, je n’étais pas si proche.

Avec elle sont couchés ses secrets, ses blâmes et ses reproches.

À la vie, je m’accroche jusqu’à ce que la mort nous rapproche.

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