La marque de la Bête
- Chimène Hakizimana
- il y a 4 jours
- 3 min de lecture

J’ai évolué dans une société
Où l’opinion de la majorité est considérée comme la vérité,
Alors qu’en réalité, ce n’est pas toujours vrai.
Le destin m’a donné la chance
De vivre dans une famille fermée,
Là où l’on m’enfermait
Pour que je ne sois pas influencée
Par les mauvais comportements.
On m’a appris la sagesse,
Et que même dans ma tristesse,
Il faut que je garde mon honneur.
Peu importe si je dois perdre mon bonheur.
On m’a dit de ne pas prendre
Tout ce que les gens m’offrent,
Car certains cadeaux
Ne sont que des cadeaux empoisonnés,
Qui deviennent des fardeaux
Que l’on devra porter.
On m’interdisait d’imiter
Tout ce que je voyais,
Que ce soit les jeunes de mon âge
Ou les stars qui étaient connues à mon bas âge.
On m’interdisait une façon de m’habiller
Qui semblait être à la mode,
Car la décence est une puissance,
Disait ma mère.
J’ai vécu en me sentant prisonnière
De la liste des règles qu’on m’imposait.
Parfois, je faisais l’école buissonnière
Pour pouvoir m’y opposer.
Après, je suis devenue autonome,
Et je me suis dit :« Enfin, je vais faire tout ce que j’aime. »Je pensais que le monde extérieur était tendre,
Avant de découvrir
Que si tu ne fais pas ce que l’écran affiche,
On te prend pour un lâche.
On te plonge dans l’isolement,
On te torture psychologiquement,
On t’embarque
Là où on te juge par des remarques,
Jusqu’à ce que tu acceptes
D’être au service du système mondial
Et de porter la marque que tout le monde porte.
Mes proches m’avaient dit
Que la chasteté et la pureté
Me donneraient la liberté.
Mais le système du monde ordonnait
De suivre tout ce que la chair désire,
Ou bien tout ce que les autres désirent.
C’est alors que j’ai réalisé
Que je vivais un combat :Choisir de suivre ce que le monde veut
Et conserver sa validation,
Ou vivre selon la vérité que je connais
Et être dévalorisée.
Je pensais que ce serait une affaire légère
Qui ne serait qu’éphémère,
Mais les jugements m’ont amenée à la cour
À cause de ce parcours
De résistance que je menais.
Ma peine capitale immédiate
Est une leçon pour ceux qui feront de la résistance.
Le verdict est tombé, et pour moi, c’est chaud.
Les gardes m’ont conduite jusqu’à l’échafaud.
Maintenant, je pose ma tête devant la guillotine,
Car j’ai refusé la marque,
Le symbole du système du monde.
Avant de me décapiter,
On m’a laissé prononcer mes derniers mots
Pour voir si je changerais d’avis.
Et c’est là que commence mon dernier débat :Dois-je accepter cette marque
Et vivre dans la soumission,
En abandonnant mes convictions
Pour sauver ma vie ?Ou dois-je refuser,
Accepter la souffrance et la mort,
Pour garder ma liberté intérieure
Et rester fidèle à ce que je crois ?Car parfois, le plus grand combat
N’est pas entre la vie et la mort,
Mais entre survivre sans âme
Ou mourir avec son honneur.
Mais mes derniers mots sont :« Je refuse la bête et ses actes.
Car ici-bas, je ne suis qu’un pèlerin.
J’accepte de mourir dans la sincérité
Plutôt que de vivre sous la dictature
De la bête et de ses actes immondes.
Ceci est mon dernier sermon.
Enfin, je suis libre de mourir
Comme un être humain digne de l’être. »