Le règne invisible
- Chimène Hakizimana
- 17 juil.
- 2 min de lecture

On croit qu’elle est absente, mais elle est toujours présente.
Sa voix est si puissante
Qu’elle nous ordonne de vivre dans l’obéissance,
Même si on vit dans l’ignorance,
En croyant parfois qu’on est maître de soi,
Alors que nous sommes les esclaves de cet être qui n’a pas de corps, mais seulement une voix : la voix intérieure.
L’oreille n’est pas capable de l’entendre,
Pourtant, nous sommes toujours prêts
À accomplir ce qu’elle nous dit d’entreprendre.
On la surnomme de bien des façons,
Car elle ne s’appelle pas réellement la joie ou la dépression.
Pourtant, personne ne sait vraiment comment elle s’appelle.
Parfois, elle nous souffle des idées noires,
Nous plonge dans la tristesse.
Alors, son surnom devient détresse.
D’autres fois, elle nous encourage,
Nous demande d’être forts.
En nous, elle forge le courage,
La résistance
Et la capacité de continuer à combattre.
Cette fois, son surnom devient résilience.
On croit qu’être seul est possible,
Mais j’ai compris que cela est impossible.
Car cette présence est toujours avec nous.
Elle dialogue sans cesse avec nous.
On appelle cela un monologue,
Alors qu’en réalité,
C’est avec cet interlocuteur invisible que nous dialoguons.
Qui es-tu, cher maître mystérieux,
Toi qui contrôles nos actes,
Toi qui nous fais conclure des pactes ?
Parfois, j’aimerais que tu te rendes visible,
Pour que je découvre enfin le visage de celui avec qui je vis.
Nous serions peut-être les meilleurs amis,
Car, malgré le fait que je ne te voie pas,
Je fais ce que tu veux.
Si nous pouvions voir cette conscience qui habite chaque être humain,
Nous saurions améliorer le monde de nos propres mains.
Nous reconnaîtrions le véritable ennemi.
Car nous prenons souvent les hommes pour les méchants,
Alors qu’ils ne sont que les esclaves de cette force invisible.
Nous chercherions à la combattre,
Ou à la transformer,
Jusqu’à ce qu’elle ne porte plus qu’un seul nom :
La gentillesse.
Même si, parfois, elle agit pour le bien,
Nous savons aussi qu’elle a provoqué des guerres, des famines, des épidémies
Et tant d’autres malheurs qui ruinent nos vies.
Maintenant, dans le dialogue que tu entretiens avec ta voix intérieure,
Essaie, s’il te plaît, de remplacer les pensées sombres par des pensées de lumière.
Car nul ne peut vivre éternellement dans la pénombre.
Je m’adresse au tueur en série,
Pour qu’il efface la liste de ses victimes.
Je m’adresse aussi à tous ceux qui sont devenus esclaves du mal.
Et j’encourage ceux qui ont choisi de faire le bien à continuer.
Que chacun sache qu’en plus d’être humain,
Il est aussi influencé par un maître invisible.
Alors, choisis bien ton maître.
Car la voix que tu nourris aujourd’hui
Façonnera la personne que tu deviendras demain.



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