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Morte à tes yeux

31 août
4 min de lecture

Elle ne peut s’empêcher de refaire le film de sa vie.

Un script si mal écrit qu’il faut en changer le récit.

Une mauvaise parodie parsemée de plusieurs péripéties.

Des personnages loufoques et cruels au cœur d’innombrables tragédies.

Ils dysfonctionnent et peinent à le réaliser. Une belle brochette de pervers narcissiques.

Toxiques, ces vampires ont totalement humé sa vie.

Des conflits vieux de cent ans engendrent des secrets de famille.

Violence verbale, physique, psychologique, rien qui ne s’oublie.

Une succession de traumas intergénérationnels s’inscrit dans l’ADN.

Ces derniers divisent, suscitent la haine et créent la zizanie,

Mais personne n’invoque l’Éternel pour qu’Il intervienne.

Les luttes constantes l’ont époumonée. Elle dépérit.

Elle voit le mal prospérer, l’injustice régner, sent sa force la quitter.

Personne pour l’aider vu qu’ils sont tous impliqués.

Elle sombre progressivement dans l’anarchie, le monstre en elle a soif de vengeance et n’éprouve plus aucune pitié.

La petite fille qu’on a terrorisée chaque nuit, à son tour, s’autodétruit.

Rouée de coups, on lui interdit de faire du bruit, il ne faudrait surtout pas que ça s’ébruite.

Ses larmes déferlent comme la pluie, tandis que la mort la séduit.

Elle se brûle la peau, s’injecte une seringue à vide, risque l’embolie.

La cire de bougies sur ses cuisses a laissé de belles cicatrices.

Pour reprendre le contrôle de sa vie, elle s’inflige la violence qu’elle a subie.

Elle était le sacrifice, maintenant elle se scarifie, plus rien ne la terrifie.

Au fur et à mesure qu’elle grandit, les tentatives de suicide se multiplient.

Machiavel lui offre une porte de sortie :« Œil pour œil, dent pour dent » devient sa maxime de survie.

Un combat entre le mal et le bien,

Le mal l’emporte haut la main,

Il n’y a plus aucun saint pour faire le bien

Ni même pour dénoncer le mal, tout ça est profondément malsain.

La lumière s’obscurcit et perd de sa splendeur,

Les ténèbres s’appesantissent et éteignent sa lueur, brisant davantage son cœur.

Vodka sans coca, whisky cul sec qu’elle boit au goulot et tequila inhibent sa douleur.

Cocktails d’antidépresseurs subtilisés à d’autres ados frappés par le malheur.

Son innocence lui a été volée, son enfance extorquée, sa jeunesse s’est dérobée sous ses pieds.

Et quoi, ils veulent aussi sa vie ? Ils ne l’emporteront pas au paradis !

Les traumas ne l’ont pas ratée :Une pincée de négligence couchée sur un lit de violence accompagnée de son concassé de pédophilie.

Un menu que seuls les plus robustes dégustent, ceux suffisamment résilients pour endurer cette vie.

Quant à la société, si elle ne s’était pas rebellée, celle-ci ne se serait jamais réveillée.

Elle aurait pu s’en sortir plus tôt, mais il a fallu qu’avec la justice elle ait des démêlés.

Un système estropié, incapable de protéger les enfants maltraités.

Il lui arrive également de manger des craies, de sniffer des déodorants et des produits lessives

Ce trouble-là, c’est la maladie de pica. Demande à Wikipédia, il t’expliquera.

Le linge sale ne s’est jamais lavé en famille, alors elle a refusé d’être passive.

Elle est devenue un plus grand problème pour que les flics se ramènent.

La juge ne lui imposera aucune peine, car elle voit sa plaie béante tant sa souffrance est criante.

En six mois de thérapies, elle a joué les psys puisqu’elle est restée méfiante.

Les adultes ne manipuleront plus cette adolescente.

Au domaine, elle rencontrera différents phénomènes.

Un tel pratique la sorcellerie. Un autre se mutile.

Un autre encore carbure à l’ecstasy, putain d’addictions, véritables pourritures.

Quant à la jeune fille, elle s’extasie face au plaisir que la douleur lui procure.

Elle ne consomme que les drogues douces, mais joue les gros durs.

Si elle les avait prises pures, elle aurait eu besoin de plusieurs cures.

Elle a vu H. mourir trop tôt. À son tour, elle danse avec la mort, un slow, un tango,

Elle flirte avec la mort, l’embrasse et finit en sanglots.

Elle a eu plusieurs arrêts cardiaques, puis son cœur s’est remis à battre.

Malheureusement, elle n’en avait plus rien à battre.

Elle joue avec le feu, mais malgré tout, elle invoque Dieu.

Il a beau l’extirper des bras de Morphée, elle est captivée, peut-être même envoûtée.

Devenue chrétienne, elle n’a jamais oublié tout ce qu’Il a fait pour la secourir.

En elle tout criait : « Mourir pour ne plus souffrir ! »

Certes, sa réalité l’empêchait de s’épanouir, mais son âme, elle ne saurait s’en désunir.

Elle a découvert tardivement qu’on peut toujours s’en sortir.

Quand il n’y a plus d’avenir, du coma, on cherche quand même à revenir.

Elle sait aujourd’hui que personne ne désire réellement mourir.

Pour écrire ces vers, elle a replongé en enfer.

Revivant chaque coup de tonnerre lui ayant donné envie de quitter la terre.

Contre son gré, elle a appris à se dissocier pour ne pas sombrer.

C’est ce que l’anxiété peut créer chez celui qu’elle désire hanter.

Elle a utilisé l’illéisme pour contrer le trouble de dépersonnalisation.

Et décrire plusieurs années de dépression.

Elle le raconte comme un étranger auquel l’histoire a été contée.

Toutes ces expériences l’ont façonnée, mais si c’était à refaire, ce serait une lettre d’adieu.

Je la contemple au miroir et je réalise, Debora, que j’étais déjà morte à tes yeux.


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