Après la lune de miel
- Chimène Hakizimana
- 11 août
- 2 min de lecture

Je me souviens du jour où on s’est dit oui pour la vie.
On était dans ce merveilleux parvis,
Pour moi, ça représentait une sorte de paradis.
Je n’oublierai jamais cette journée de samedi,
Car ce jour-là, tu étais si humble,
En disant qu’on serait ensemble dans le malheur ou le bonheur.
Je pensais qu’on parlait juste du malheur qui vient tout seul,
Mais pas de celui que tu allais inventer.
Au début, tu t’es présenté comme un homme honnête,
Mais tu voulais juste que je sois ta marionnette,
Celle que tu utilises quand ça t’arrange
Et que tu mets à la poubelle quand elle te dérange.
Et ça te dérange quand je te rappelle le début de notre chemin,
Quand je te supplie de me traiter comme un être humain.
Hélas, tu es resté têtu et gamin,
Et le bâton avec lequel tu me frappes
Est toujours dans tes mains.
Ce mariage est devenu pour moi une épreuve,
Mes cicatrices en sont la preuve.
C’est comme si je nageais dans un immense fleuve.
Je me dis : heureuses sont les veuves,
Car je t’ai laissé, pendant longtemps, jouer sur moi ton atrocité,
En supportant de vivre dans la calamité.
Jusqu’ici, je m’efforce,
Mais je me sens au bout de mes forces.
Je passe des nuits à pleurer,
Je n’ai même pas le droit d’hurler,
Car je suis obligée de souffrir dans le silence.
Mon cœur réclame l’indépendance,
Mais je le fais avec beaucoup de prudence,
Car mes enfants, qui sont mon essence et ma puissance,
Je ne veux pas qu’ils sachent ton imprudence.
Chaque jour, tu lances des lances
Avec autant de violence.
Oui, je suis victime de violence conjugale,
Et je sais ce que dit le Code pénal.
Mais j’ai sacrifié ma santé mentale
Pour protéger celle du fruit de mes entrailles.
J’ai envisagé le divorce,
Mais j’ai horreur de faire souffrir mes gosses,
Car je sais qu’en moi,
Ils admireront ma patience.
J’ai compris que me détruire était ta mission,
Mais jusqu’à maintenant, je me pose des questions :
Pourquoi construire quelque chose que tu vas détruire ?
Pourquoi cueillir les fruits juste pour les faire pourrir ?
Mais alors, j’ai saisi les leçons que tu m’as apprises,
Car je les ai toutes comprises.
J’ai su parfois que les bras qui t’ont prise avec tendresse
Un jour peuvent t’enfoncer dans la tristesse et la détresse.
Je raconte mon vécu,
Car je suis restée invaincue.
Derrière la souffrance, il y a une femme debout,
Qui s’est battue depuis le début.
Je m’adresse aux célibataires :Le mariage est un choix,
Mais calcule d’abord
Pour voir si tu es prêt à en supporter le poids.



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